Le Syndrome Urinaire Félin (SUF) Ou au secours mon chat s’est bouché !

Définition          Il s’agit d’une atteinte de la vessie et des voies excrétrices (urètre, le tuyau qui sert à uriner, en reliant la vessie à l’extérieur). La vessie et l’urètre constituent le bas appareil urinaire. Des petits cristaux ou du sable vont s’y mettre et vont entraîner une série de symptômes.         L’urètre a un très petit diamètre chez le mâle, notamment dans la portion du pénis (dite portion distale). C’est ce qui explique la gravité des symptômes chez le mâle.         Les causes de formation des cristaux sont variées. Le surpoids, l’inactivité, le défaut d’abreuvement, une alimentation déséquilibrée en magnésium et en phosphore sont des causes favorisant l’apparition des calculs.          Il existe essentiellement 2 types de cristaux chez le chat : les struvites (ou PAM, Phosphate Amoniaco-Magnésien) et les oxalates de calcium. Les PAM se forment lorsque le pH urinaire est basique (pH>6,5). Les oxalates de calcium, eux, se forment à pH neutre ou acide (pH= ou< 6,5).         Le syndrome urinaire félin fait partie d’une autre entité pathologique : les maladies du bas appareil félin et qui touche 0,5 à 1 % de la population féline.         Le SUF avec obstruction constitue une urgence absolue puisque le non traitement entraîne à cours terme la mort de l’animal. Symptômes          Le début des symptômes est le même chez le mâle et la femelle. Le chat exprime une gêne voir une douleur au moment de faire pipi. Il miaule, urine, par petites gouttes. Il retourne plusieurs fois par jour dans sa litière. On trouve même des traces de sang dans ses urines. Chez le mâle et très rarement chez les femelles (moins de 1 % des cas), le chat ne peut plus du tout uriner. Il est complètement bouché (obstrué) ! Il s’agit alors d’une urgence. Si votre chat n’a pas uriné depuis plus de 24 heures et que son état général s’abaisse (perte d’appétit, essai infructueux d’uriner, chat tout mou,….), il faut consulter de tout urgence votre vétérinaire (dans la journée). Traitement          Lors de la première phase, votre vétérinaire vous prescrira un traitement à base d’anti-inflammatoire et d’anti-spasmodique. Il faudra faire la recherche de la nature des cristaux en faisant un examen des urines (culot urinaire) et parfois des techniques d’imagerie (échographie abdominale et radiographie). En fonction de la nature des cristaux, on pourra si il s’agit de PAM, les dissoudre médicalement en changeant l’alimentation. Cette nourriture spéciale a pour but d’acidifier  les urines et ainsi dissoudre les cristaux. En cas d’oxalates de calcium, le traitement est chirurgical car aucune technique n’existe pour dissoudre ce type de calculs. On peut donner une alimentation qui va limiter la formation des cristaux.         En cas d’obstruction, votre vétérinaire va hospitaliser votre chat afin de mettre une sonde urinaire en place pour permettre à l’urine de s’évacuer. Votre chat sera garder pendant plusieurs en jours en hospitalisation afin de le mettre sous perfusion et de rincer tous les jours sa vessie à l’aide de la sonde urinaire. Les complications de l’obstruction sont l’insuffisance rénale aigue qui peut entraîner la mort du chat en quelques heures. Après la levée de l’obstruction, l’insuffisance rénale peut disparaître ou le chat peut garder des séquelles. Une fois le chat stabilisé et la nature des cristaux déterminée, le traitement est le même que précédemment (à savoir le changement de nourriture). Cette maladie est récidivante. Même après le sondage, le chat peut se reboucher dans les jours qui suivent voire quelques années plus tard. Plus le chat est jeune au moment de la première obstruction, plus le risque qu’il se rebouche est élevé. En cas de rechutes répétées, il existe une chirurgie (urétrostomie) qui consiste en l’ablation du pénis et d’élargir ainsi l’orifice pour uriner. Cette chirurgie permet d’éviter les obstructions mais les symptômes de cystite peuvent persister. Elle n’est pas dénuée de complications post-opératoires, c’est pourquoi, elle n’est jamais proposée lors de la première obstruction. La complication la plus fréquente est la sténose de l’orifice créé c’est-à-dire que le trou suite à la chirurgie se « bouche ». Cette complication reste malgré tout assez rare.         Dr Marianne Rouby        

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :